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LA FONDATION DU TAIJUTSU

  • jedah96
  • 29 août 2025
  • 4 min de lecture

La qualité de notre taijutsu dépend de la profondeur de nos bases. Mais qu’est-ce que le taijutsu et que sont réellement nos fondations ?Le taijutsu est souvent compris comme le mouvement du corps seul, mais quand vous êtes habitué à sensei Hatsumi et à sa vision de la vie, il est toujours intéressant de creuser un peu plus et voir ce que les mots qu’il utilise signifient vraiment afin de comprendre et de pouvoir lire entre les lignes.

Premièrement le kanji 術, jutsu veut dire soit l’art, les moyens, ou la technique comme nous le savons, mais c’est avec les diverses significations du mot tai que nous avons pénétrons la subtilité du message.

 

Lorsque vous regardez les trois sens de « tai » vous découvrez qu’ils peuvent tous s’appliquer à notre pratique.体, tai a 3 significations principales:

  1. le physique ; la posture ; le corps

  2. la forme, le style

  3. la substance , l’identité, la réalité.

 

Taijutsu est un jutsu fait avec le corps qui va du pur omote (le corps) pour entrer dans le monde du ura (la réalité). Il s’agit d’intégrer le taigamae (体構え) et le kokorogamae (心構え). Il s’agit d’un taijutsu centré sur soi et c’est le sens premier et commun de ce mot.

 

Mais tai peut aussi s’écrire avec le kanji 対, et ce tai élargit notre compréhension du taijutsu parce qu’il a les sens de :

  1. faire face, opposition

  2. contre, opposé

  3. égalité ; être sur un pied d’égalité

  4. contre ; anti.

 

Cela amène à une nouvelle compréhension du mot taijutsu qui est en expansion et qui ajoute l’idée de combattre un ennemi et d’équilibrer les forces de l’adversaire. Maintenant, nous quittons le recentrage solitaire et intégrant l’adversaire dans nos actions. Le centre est devenu bipolaire, inyo ; l’homme a fini de lutter contre lui-même, il lutte maintenant contre un autre homme.

 

Ecrit avec le kanji 队, nous entrons dans une dimension encore plus vaste qui précise l’idée originelle mais qui l’étend encore plus.Ce dernier tai signifie :

  1. parti ; société,

  2. corps (de troupe); troupe,

  3. entité, armée.

 

Maintenant ce taijutsu élargit inclut donc l’idée de combattre une armée et d’interagir avec nos amis et nos ennemis.

 

La chose intéressante dans cette explication des sens possibles d’un groupe de sons c’est qu’en recherchant les différentes compréhensions de « tai » nous sommes passés du niveau de :

1) l’apprentissage solitaire ; 1

2) à la rencontre de l’adversaire ; 1 contre 1

3) au champ de bataille. x contre x

 

Alors le taijutsu doit être compris comme un système général préparant le corps et l’esprit pour avancer du niveau du débutant à celui d’avancé.

 

Nos fondations reposent sur la qualité de nos bases. Nous les apprenons d’abord seul, puis avec un partenaire et ce processus dure des années. Le taijutsu nous aide à grandir dans la forme du omote pour finalement atteindre à l’essence du ura. Nous passons progressivement du visible à l’invisible ; de la forme à l’esprit ; de la pensée à l’intuition.

 

En japonais, 大本 est le kanji pour fondation. Il se lit soit «taihon » (Taihen?) soit « Ômote » (omote?). Peut-être est-ce là la façon dont nous devons comprendre sensei quand il parle de 実践 jissen (pratique ; appliquer ; mettre en pratique) et de 実戦 jissen (combat; combat réel).

Nous devons toujours garder à l’esprit ce que sensei a répété à plusieurs reprises en cours à propos des densho : « les densho ont été conçus pour les enfants (débutants) » et c’est pour cela que les techniques doivent être enseignées mécaniquement étape par étape. Une technique doit être simple pour qu’elle puisse être saisie par un enfant de 10 ans.Historiquement, le jeune samouraï commencait sa formation aux techniques guerrières aux alentours de 10 ans et était considéré comme “adulte” à 15 ans. A 15 ans il était autorisé à se rendre au champ de bataille (et à y mourir).

 

En fait, les 15 dan du Bujinkan ont été créés par sensei aussi pour symboliser cela. Lorsque vous commencez vous êtes un débutant et puis après de nombreuses années vous atteignez l’âge adulte et devenez responsable de vos propres actions, vous êtes jûgodan. Mais sans de bonnes bases votre taijutsu manquera de crédibilité (et vous mourrez à la première bataille).

Par conséquent, notre évolution dans l’apprentissage par les trois tai définis précédemment doit nous guidera dans notre maîtrise de taijutsu. Nous passons progressivement du taijutsu (体術) au taijutsu (队術) qui comprend l’utilisation de yoroi et des armes.

 

Le premier tai (体, le corps) est la traduction moderne (19° siècle), mais par le passé tai englobait aussi l’esprit, les armes et les yoroi. Si vous y pensez c’est tout à fait logique. Comme nous l’avons dit plus tôt, le jeune samouraï (des enfants) ne sont pas en mesure de comprendre les subtilités des techniques de haut niveau y compris et surtout les techniques avec armes. Ainsi, afin de s’en tenir au principe de simplicité KISS (Keep It Simple & Stupid), les formateurs ont simplifié les techniques en enlevant les armes et se mirent à enseigner le combat à mains nues exclusivement.

 

C’est pourquoi dans le bujinkan nous commençons notre formation par le combat à mains nues. Sur le champ de bataille un guerrier porte toujours ses armes et le combat à mains nues était rarement utilisé.

Le fondation de notre taijutsu est un ensemble de bases acquises en combat à mains nues et regroupées par sensei dans le tenchijin ryaku no maki publié en japonais en 1983 puis mis à jour et publié en anglais en 1987. Une fois maîtrisé le taijutsu sans armes, il est complété par l’apprentissage de toutes les armes habituelles des samouraïs et le yoroi pour créer un mouvement fluide et naturel.

C’est pourquoi on peut dire que le tTijutsu (体術) est le vrai fondement du Taijutsu (队術).

 

ARNAUD COUSERGUE

 
 
 

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