Prisonnier de nos compétences
- jedah96
- 29 août 2025
- 2 min de lecture
Lorsque nous pratiquons des arts martiaux, une multitude de chemins s’ouvre à nous dans la pratique de notre art. Si cela fait déjà un bon moment que vous pratiquez votre art, vous avez probablement développé certaines compétences. On ne peut exceller dans tous les domaines. Nous possédons tous des points forts et des points faibles. Quelles sont vos compétences premières ?
Pour certains, ça sera la vitesse et les réflexes qui l’accompagnent. Pour certains, cela tourne autour de la détermination qu’ils vont mettre pour remporter le maximum de médailles possible. Pour une autre catégorie, ça sera la compréhension mécanique qui anime chacune des techniques que nous apprenons. Il y a également ceux qui ont une capacité incroyable à encaisser les coups. On les retrouve souvent dans les sports de combat un peu plus extrêmes. Une autre catégorie regroupe les collectionneurs de techniques qui peuvent se souvenir de toutes les techniques et les reproduire sans avoir besoin de chercher longtemps la technique. Et j’oublie sûrement plusieurs catégories.
Peu importe notre compétence au départ, l’important est de bien connaître nos forces et d’oser s’avouer que nous avons probablement plus de faiblesse que de point fort. Généralement, nous choisirons un art martial qui mettra en valeur notre compétence première au lieu de s’orienter vers un style qui nous projette nos faiblesses en pleines figures. Personne n’aime mal paraître.
En tant que nouvel étudiant qui se présente dans un nouveau groupe martial, on a tendance à vouloir montrer que nous sommes bons, que nous pouvons faire les techniques. Et la plupart du temps, nous ne faisons pas ce que le sensei veut démontrer, nous tentons plutôt d’étaler notre compétence à exécuter quelque chose qui ressemble à ce qu’il enseigne, mais qui n’inclura probablement pas les principes et les points essentiels qu’il veut démontrer. Sans nous en rendre compte, nous mettons de l’avant nos compétences les plus fortes au lieu de nous ouvrir à de nouvelles façons de faire.
Lorsque ça fait un certain nombre d’années que nous sommes dominés par nos compétences fortes, il est difficile de repartir au bas de l’échelle pour réapprendre de nouvelles façons de faire.
Que faites-vous pour combler vos points faibles? La première étape n’est pas technique, elle est psychologique. Il faut arrêter de vouloir prouver notre valeur aux autres étudiants et à notre professeur. Mais pour arriver à cela, il faut accepter le fait que l’on sera étudiant toute notre vie.
Bernard Grégoire - 12 février 2024
Dai Shihan Bujinkan Québechttps://bujinkanquebec.wordpress.com/2024/02/
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